Rencontre avec Catherine Decarpentrie, 40 ans. Gynécologue au CHR de Namur.

Comment êtes-vous devenue gynécologue ?

J’ai toujours été passionnée par la médecine. J’avais 17 ans quand j’ai décidé de faire ce métier. J’avais un oncle qui était médecin, et j’aimais beaucoup sa vie. Quand j’ai entrepris mes études, et que j’ai commencé à avoir différents cours, j’ai trouvé que la gynécologie était ce qu’il me fallait, ce qui me correspondait le plus en tant qu’être humain. Et puis voilà, je me suis lancée dans la gynécologie.

En quoi consiste votre métier ?

Alors il y a deux versants, il y a l’obstétrique,  c’est-à-dire tout ce qui concerne la femme enceinte et les accouchements, et puis la partie gynécologie en tant que telle qui s’occupe de la santé de la femme, que ce soit la jeune adolescente, la femme qui peut avoir des enfants, et aussi en cours de ménopause.

Donc c’est vraiment un métier très large. On s’occupe aussi des cancers qui touchent à la gynécologie. Et enfin, je me suis spécialisée en procréation médicalement assistée pour aider les couples à avoir des enfants quand cela ne vient pas tout seul. C’est vraiment très varié.

Je travaille au CHR de Namur et aussi à l’ONE, où les patientes qui n’ont pas les moyens de payer une consultation sont prises en charge. Là-bas, il y a toute une équipe multidisciplinaire qui peut être mise en place, au niveau psycho-social, ce qui peut être très intéressant dans certaines situations. On peut aussi être amené à accompagner certaines personnes à domicile, et pour certains couples précarisés, c’est vraiment important. On assiste aussi plus volontairement là-bas les réfugiées, les patientes qui ont moins de ressources. Au CHR de Namur, on prend aussi en charge tous les types de patientes, mais l’infrastructure est un peu moins complète au niveau organisationnel.

Quelle est votre journée type ?

Je commence en général à 8h du matin. Durant la journée, j’ai des consultations, des accouchements, des urgences jusqu’à environs 18h, on va dire, parce qu’à ça s’ajoutent les gardes, et les accouchements qui peuvent venir. Et enfin les réunions de service qui ont lieu environs une fois par mois. Ce sont des journées bien remplies ! On essaie quand même d’avoir une demi-heure de pause à midi, il faut ce qu’il faut J

Quels sont les aspects positifs et négatifs ?

Le fait d’être dans une spécialité où on voit des gens en bonne santé, et où on est intimement lié pour l’accouchement, c’est quelque chose de très très chouette et très valorisant, qui donne énormément d’énergie. Humainement parlant, c’est un métier très riche, qui donne énormément d’expériences positives. Et quand c’est plus dur, en même temps, on est là aux côté des gens pour les soutenir, et c’est aussi important.

L’aspect négatif du métier, ce sont les horaires. On n’a pas d’heures. Il n’y a pas d’heures pour accoucher les patientes. C’est fatiguant. Ce n’est pas toujours facile de concilier notre vie professionnelle à notre vie familiale.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui va démarrer ?

Qu’il va faire quelque chose de fantastique (rires). Et point de vue pratique, qu’il faut avoir envie de travailler. C’est clair qu’on ne peut pas avoir 12 heures de sommeil par nuit. Et je pense qu’il faut être passionné et courageux.